Toumaï ou Sahelanthropus tchadensis
(Djourab, Tchad)
La petite histoire
Comprendre simplement
Domaines de présence
Son interprétation dans l'avenir
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Ancêtre Toumaï
© M.P.F.T. (Mission Paléoanthropologique Franco-Tchadienne )

La petite histoire  Up Page
Toumaï a été trouvé dans le désert du Djourab, à plus de 800 kilomètres au nord de N'Djaména, la capitale du Tchad.
 
Après plusieurs années de prospection, le 19 juillet 2001, sur le TM 266 (secteur de Toros-Menalla n°266), le "meilleur chasseur de fossiles" de la mission, Ahounta Djimdoumalbaye, de l'université de N'Djaména, exhume un crâne fossile quasi complet. Avec les autres membres de l'équipe, dans un espace d'environ 500 mètres, il découvre ensuite deux fragments de mâchoire inférieure et trois dents isolées (une canine inférieure, une incisive supérieure et une molaire supérieure).

 
Avant de divulguer ses conclusions dans la revue Nature, Michel Brunet (professeur à l'Université de Poitiers) décide de parcourir, pendant l'année qui suit la découverte de Toumaï, des milliers de kilomètres avec des moulages de ses ossements pour le comparer à d'autres fossiles et recueillir l'avis des chercheurs les plus reconnus de la planète. Un parcours du combattant entre le Kenya, l'Ethiopie, l'Afrique du Sud, les Etats-Unis, la Suisse et la France qui lui permet d'identifier les fossiles comme ceux d'une espèce d'hominidé, le plus ancien représentant connu de la lignée humaine: Sahelanthropus tchadensis, baptisé par les autorités tchadiennes "Toumaï", "espoir de vie" en langue goran. L'absence de niveaux volcaniques dans le contexte géologique de la découverte ne permettant pas de datation absolue par la mesure de l'argon, on a donc déterminé son âge par la biochronologie (étude de la faune associée).

Comprendre simplement  Up Page
Toumaï, qui signifie "espoir de vie" en langue goran
Dans un article publié dans Nature (10 octobre 2002), plusieurs anthropologues dont Brigitte Senut (Muséum français d'histoire naturelle, à Paris), Milford Wolpoff (Université du Michigan, à Ann Arbor), Martin Pickford (Collège de France, à Paris) et John Hawks (Université du Wisconsin, à Madison) affirment que le crâne n'appartient pas à la branche humaine de l'évolution des espèces. Selon eux, Toumaï serait plutôt le crâne d'un ancien gorille ou chimpanzé femelle, ou d'une espèce disparue.
 
Les contestataires se sont notamment penchés sur les marques laissées par les muscles du cou, un indice pouvant indiquer qu'il s'agit d'un bipède. "Ces marques montrent clairement que cet animal ne marchait pas debout de manière habituelle", affirme M. Wolpoff. "Il n'avait pas de posture humaine, donc il n'était pas humain."

Malgré les propos de l'équipe du Pr Brunet affirmant le contraire, Brigitte Senut et ses confrères estiment que la taille et la forme des dents et du front ne sont pas nécessairement caractéristiques d'un hominidé.
 
Dans une réponse publiée dans Nature, Michel Brunet, professeur à Poitiers, affirme que ses détracteurs ont tort sur l'interprétation des caractéristiques faciales et des dents de Toumaï. Il observe qu'ils n'apportent pas la preuve que le crâne est celui d'un primate et "ils n'ont réfuté aucune caractéristique que cette espèce a en commun avec les hominidés plus évolué. Une partie de leur argumentaire est désinvolte", conclut-il.


Domaines de présence  Up Page
Monde présent
Pour lui, il s'agit de la découverte la plus importante en paléontologie depuis 1925, date à laquelle Raymond Dart exhumait en Afrique du Sud l'enfant de Taung, le premier australopithèque jamais trouvé, celui qui a placé nos origines en Afrique."Michel Brunet est un héros, s'enthousiasme Dan Lieberman, de Harvard, il ne cherche pas ses clés sous le réverbère parce que la lumière est meilleure, et en Afrique il est le seul à avoir cherché là où les conditions sont difficiles."
 
Brigitte Senut, du Muséum national d'histoire naturelle à Paris, avait déjà contesté que Toumaï soit un hominidé après l'annonce de la découverte. Co-découvreur en 2000 d'une espèce d'hominidé au Kenya, l'Orrorin tugenensis, âgé de quelque 6 millions d'années, elle avait estimé que Toumaï n'était "pas un hominidé mais un grand singe"

Son interprétation dans l'avenir  Up Page
Une étrange morphologie
Les scienctifiques ont tranché: les différents caractères relevés sur Toumaï ne permettent pas de le confondre avec un chimpanzé ou un gorille. Et ce qui les frappe surtout dans son apparence, c'est un mélange troublant de caractères de la face, apparemment plus évoluée chez certains hominidés récents tels que Lucy.
 
Bien que son crâne soit plus allongé que celui d'un australopithèque, sa face, haute, relativement étroite et peu prognathe dans sa partie inférieure, le rapprocherait des hominidés. Ses arcades sourcilières proéminentes correspondraient à un caractère sexuel masculin d'hominidé. L'avancement du trou accipital, l'orifice à la base du crâne par lequel passe la moelle épinière, évoque davantage les pré-humains que les grands singes. Dernier caractère important pour les pères de Toumaï, sa canine supérieure est toute petite et montre des traits d'usure par la pointe et non pas par les côtés, un autre caractère humain. Une démonstration apparemment imparable. Si le matériel fossile appartient bien à la tranche des himinidés, c'est toute l'histoire des origines de l'homme qui s'en trouve bouleversée.

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Hominidé ou grand singe ?
"Vu de face, il est étonnamment moderne pour son âge, quasiment comparable à un australopithèque de 1,7 millions d'années, note le paléontologue américain Bernard Wood de l'université George Washington, mais vu de l'arrière il évoque un chimpanzé avec lequel il partage la capacité cérébrale (de l'ordre de 350 cm3). Une ambiguïté de caractères qui interpelle Brigitte Senut du Muséum d'histoire naturelle, co-découvreuse au Kenya, en 2000, d'Orrorin, un hominidé de 6 millions d'années. D'autant que la bipédie supposée de Toumaï ne peut être encore prouvée: "Aucun reste osseux des membres n'a été exhumé et ce simple fait doit inciter à une grande prudence".
 
Les caractères avancées par Michel Brunet correspondent davantage, selon elle, à ceux d'un grand singe et particulièrement une femelle gorille. Or, ce cas n'a pas été évoqué lors de l'étude, où il fut uniquement question de mâle. Pour la paléontologue, la petite canine de Toumaï que l'on retrouve systématiquement chez les femelles de grand singe ne prouve pas que c'est un hominidé. Le scanner de la mandibule montre un décalage très fort des racines des prémolaires, qui est propre aux grands singes, mais que l'on a également trouvé sur Orrorin. "Chez Orrorin, nous l'avons interprété comme un caractère primaire hérité des grands singes", précise-t-elle.